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Thyatire:
(Villes Antiques: Akhisar, izmir, Anatolie, Turquie)
Ville de la province romaine d'Asie dans l'ouest de la Turquie actuelle (aujourd'hui
Akhisar). Située dans une vallée basse, c'était une ville de garnison sur la
frontière et un centre important pour la fabrication et la teinture des tissus,
la poterie et le travail du cuivre. Lydie (Act 16.14) était probablement
l'agent commercial d'une manufacture de Thyatire. La teinture pourpre a été
fabriquée à partir de la garance jusqu'au XXe siècle. La lettre d'Ap 2.18-29
fait allusion à la situation de la ville. Jézabel est probablement le nom
symbolique d'un enseignant dans l'Eglise qui faisait des compromis avec les
pratiques païennes, peut-être en rapport avec certaines confréries de
marchands.
Thyatire - Apocalypse 2.18-29
Avec Thyatire, il y a un nouveau progrès dans le mal. Sous la figure de la
femme Jézabel, nous assistons au développement d’un système ecclésiastique
mondain qui cherche à s’assurer la domination universelle sur la chrétienté...
Messages aux 7 Eglises de l’Apocalypse Thyatire - Apocalypse 2.18-29
Afin de bien interpréter le message à Thyatire et ceux qui suivent, il est
important de voir les différences caractéristiques entre les trois premiers
messages et les quatre derniers.
Il est clair que les trois premières assemblées présentent l’état de
l’Eglise professante tout entière à trois périodes successives de son
histoire. De plus, l’état général manifesté par ces assemblées ne se perpétue
pas tout au long de l’histoire de l’Eglise, bien qu’il soit vrai que les
maux qui se développent au cours des siècles de leur existence continuent de
marquer la profession chrétienne jusqu’à la fin.
Le témoignage collectif rendu par l’Eglise au temps d’Ephèse est passé,
bien que l’abandon du premier amour ait toujours marqué la profession chrétienne
depuis lors...
De même, l’Eglise dans son ensemble n’est plus persécutée comme au
temps de Smyrne, bien que le levain des docteurs judaïsants continue de
travailler tout au long de son histoire.
Pareillement, tenir ferme le nom de Christ, garder la foi, ne sont plus des
traits caractéristiques de l’Eglise dans son ensemble comme dans la période
de Pergame ; tandis que, hélas, d’une façon générale, la profession a
oublié son appel céleste et est devenue complètement mondaine.
Si l’on en vient aux quatre derniers messages, il est à remarquer qu’en
général, trois choses les distinguent des trois premiers. D’abord, nous
trouvons que la venue du Seigneur y est présentée, soit en termes précis,
soit implicitement, pour encourager ou avertir. Ensuite, dans chacune de ces
assemblées, nous avons un résidu distingué de la masse du corps professant.
Enfin, l’appel à écouter ce que l’Esprit dit aux assemblées suit la
promesse au vainqueur.
Ces trois points sont profondément significatifs. Le premier - le fait que
la venue du Seigneur est annoncée aux églises - indique que l’état présenté
par ces quatre assemblées continuera jusqu’à la fin. En outre, le fait
qu’un résidu est mis à part conduit à la conclusion qu’il n’y a plus
aucun espoir pour le rétablissement de l’Eglise dans son ensemble. La
possibilité de se repentir est offerte aux trois premières églises, ce qui
aurait rétabli un état normal. A Thyatire, il y a bien une invitation à la
repentance, mais il est nettement déclaré : "elle ne veut pas se
repentir". La masse que la corruption gagne de plus en plus, est atteinte
par le jugement, bien que, au sein de la ruine, Dieu se garde un résidu. Enfin,
le fait que l’appel à écouter ce que l’Esprit dit aux assemblées suive la
promesse au vainqueur, est une autre preuve que la profession chrétienne est si
irrémédiablement corrompue que celui qui écoute ne se trouve plus parmi elle,
mais seulement parmi les vainqueurs.
Cependant, tandis qu’il est important de faire la distinction entre les
trois premières et les quatre dernières églises, il est également important
de remarquer le rapport entre les trois premières et Thyatire. A Ephèse, il y
avait encore un témoignage collectif devant le monde. Le germe de la faillite
était pourtant là : l’affaiblissement du premier amour pour Christ - ce
solennel abandon - ouvrait la voie qui amènera l’Eglise au niveau du monde.
Dans la période suivante de l’histoire de l’Eglise, présentée par
Smyrne, le déclin du témoignage public fut arrêté pour un temps par la
persécution.
Avec Pergame, la persécution ayant cessé, l’état de la chrétienté se dégrade
rapidement. Déjà l’Eglise avait abandonné son premier amour, elle oublie
maintenant son appel céleste ; elle cesse d’être un groupe séparé et
s’installe dans le monde où Satan habite. Elle y a établi sa demeure et
n’est plus persécutée. L’alliance impie entre l’Eglise et le monde amène
celle-ci à adopter les pratiques du monde, et ce dernier revêt une profession
extérieure de christianisme. Nous voyons ainsi se former cette vaste profession
mondaine appelée la chrétienté.
Avec Thyatire, il y a un nouveau progrès dans le mal. Sous la figure de la
femme Jézabel, nous assistons au développement d’un système ecclésiastique
mondain qui cherche à s’assurer la domination universelle sur la chrétienté.
Tout au long du Moyen Age, durant près de mille ans, la profession chrétienne
porte les caractères présentés par Jésabel. Sardes se développe après et
Thyatire, tout en étant toujours sur la scène, cessa d’être représentative
de toute l’Eglise.
Si nous gardons présentes à l’esprit les différences caractéristiques
entre les messages aux assemblées, nous serons mieux préparés pour voir en détail
la lettre à Thyatire.
V. 18 : Christ se présente à cette église comme "le Fils de Dieu,
qui a ses yeux comme une flamme de feu, et dont les pieds sont semblables à de
l’airain brillant". Le titre "Fils de Dieu", dans ce contexte,
est profondément significatif. Nous savons par les propres paroles du Seigneur
à Pierre, que Christ, le Fils de Dieu, est le roc sur lequel l’Eglise est bâtie.
Avec Thyatire, nous avons la naissance d’un système qui rejette le Fils de
Dieu et exalte un homme pour en faire le roc sur lequel l’Eglise est bâtie.
Christ est aussi présenté comme celui dont les yeux sont comme une flamme
de feu ; ce qui parle du regard pénétrant et scrutateur auquel rien
n’est caché : tout mal doit tomber sous la condamnation de cette flamme.
Ses pieds sont semblables à de l’airain brillant, nous rappelant l’absolue
fermeté et la justice inflexible de ses jugements face au mal que découvre son
regard scrutateur.
V. 19 : Après s’être ainsi présenté, le Seigneur parle de ce
qu’il approuve chez les siens. Il dit : "Je connais tes oeuvres, et
ton amour, et ta foi, et ton service, et ta patience, et tes dernières oeuvres
qui dépassent les premières". Il est bien remarquable que, dans ces
sombres jours de l’histoire de l’Eglise, le Seigneur trouve tant de choses
à approuver. Ni dans la période de Smyrne, ni dans celle de Pergame, ne se
trouvaient des oeuvres que le Seigneur pouvait approuver. Au temps de Smyrne, la
violence de la persécution entraîna de grandes souffrances chez les fidèles
pour l’amour de Christ ; ce temps par contre n’offrait guère
d’occasion pour des oeuvres. A Pergame, l’Eglise à l’aise dans le monde,
ne pouvait guère se glorifier d’oeuvres que le Seigneur pouvait approuver. A
Ephèse, il y avait certes de telles oeuvres, mais il y manquait "l’amour"
et "la foi" qui se trouvaient dans celles de Thyatire. Bien plus, le
Seigneur dit : "Je connais... tes dernières oeuvres qui dépassent
les premières". L’activité des fidèles ne tiédissait pas sous
l’influence de la corruption environnante, ni ne s’affaiblissait au fil des
années.
Le fait que le Seigneur ait eu une si haute appréciation des siens en un
temps où l’état général de la chrétienté était si bas, démontre
clairement que, plus la corruption de la masse professante est grande, plus l’énergie
et le dévouement d’un résidu fidèle sont grands. C’est dans les jours
sombres que se trouvent les saints les plus pieux. Il n’y a pas eu de jour
plus sombre dans l’histoire d’Israël que lors du règne de l’impie Jésabel.
L’idolâtrie remplissait le pays ; les faux prophètes et les
sacrificateurs idolâtres étendaient leur domination sur le peuple ; tout
était en désordre. Néanmoins, au sein de ces ténèbres, il y avait sept
mille hommes qui n’avaient pas fléchi les genoux devant Baal ; et il y
avait des hommes de Dieu dévoués, comme Elie et Elisée, bien connus par leurs
"oeuvres", qui dépassaient celles de tous les autres saints de cette
dispensation-là. Quant à l’Eglise, l’histoire se répète. A nouveau
survient un temps que le Seigneur assimile aux sombres jours de Jésabel, et à
nouveau au milieu de la méchanceté de cette époque-là brillent, face à ces
ténèbres, des croyants fidèles dont le dévouement à Christ surpasse peut-être
celui des saints de n’importe quelle autre période depuis les jours de la
Pentecôte.
Au sujet de ces saints dévoués, quelqu’un a écrit ces mots touchants :
"Quelle place ont tenue, dans la pensée et dans le coeur des chrétiens sérieux,
les peines et les souffrances et le labeur et le dévouement semé d’épreuves
de ces témoins traqués mais résolus de cette époque de ténèbres !
Nulle part peut-être on ne trouve une histoire si pleine d’intérêt ;
nulle part une patience aussi inlassable ; nulle part des coeurs davantage
attachés - ou même aussi attachés - à la vérité et à Christ, fidèles à
sa Personne en face d’une église corrompue, que ces saints du Moyen Age. Au
travers de fatigues et de labeur, traqués et maltraités par un système
beaucoup plus acharné, beaucoup mieux organisé que lors des persécutions païennes,
quelque violentes que celles-ci aient certainement été pendant un temps ;
sans révélation miraculeuse nouvelle, sans soutien d’un corps constitué,
sans possibilité de s’appuyer sur la profession de foi de l’église
universellement reconnue comme telle ; poursuivis par tous les quolibets
ignominieux que populace et clergé pouvaient inventer, ils continuaient leur
chemin semé d’embûches, sans jamais s’en détourner, avec une constance reçue
d’en-haut ; ils maintenaient le témoignage pour Dieu, et l’existence,
assurée par la promesse, de l’Assemblée en face des portes du Hadès ;
au prix de leur repos, de leur foyer, de leur vie et de tout ce que la terre
peut offrir ou la nature désirer. Et Christ l’avait prévu et ne l’avait
pas oublié. De la faiblesse certes, peut-être bien des pensées marquées par
l’ignorance ; des efforts de Satan pour mêler le mal et le bien, couronnés
parfois de succès ; et certains, menant aujourd’hui une vie facile, se
plaisent à trouver les points faibles et les erreurs, avec succès aussi peut-être.
Mais le livre de souvenir est écrit là-haut ; et l’approbation du Maître
sera manifestée, quand les livres écrits sur eux par des critiques aimant
leurs aises, seront comme la poudre des ailes d’un papillon de nuit quand il
est mort ; et ils seront couverts de honte - s’il y a place pour la honte
(si l’on peut avoir cette pensée) quand ils seront en présence de ceux
qu’ils ont méprisés. Voici ce que le Seigneur met au crédit de Thyatire.
Pour les hommes de ce temps, ils ne faisaient pas partie de l’Eglise, pas plus
que pour bien des sages d’aujourd’hui. Mais pour Christ, ils en sont ce
qu’il y a de plus précieux." (J.N. Darby)
V. 20 : Ainsi, le Seigneur se plaît à approuver ces saints dévoués
qui vivaient au milieu des épaisses ténèbres du Moyen Age. Il leur apportera
encore une parole d’encouragement ; mais il ouvre d’abord une parenthèse
pour prononcer la condamnation sur ce qu’il réprouve si énergiquement. Les
versets 20 à 23 placent devant nous, sous le symbole de Jésabel et de ses
enfants, l’état effrayant qui était le résultat d’un système ecclésiastique
mondain dont l’ambition était de gouverner la chrétienté.
Pour comprendre la signification de "la femme Jésabel", nous
devons nous rappeler l’histoire d’Israël dans les jours de la reine portant
ce nom. Achab était le roi qui "fit ce qui est mauvais aux yeux de
l’Eternel, plus que tous ceux qui avaient été avant lui" (1 Rois
16.30). Il pécha grandement en prenant pour femme Jésabel, la fille
d’Ethbaal, roi des Sidoniens. En contractant cette alliance impie, il perdit
son autorité royale et permit à cette méchante femme de gouverner et même
d’écrire des lettres en son nom et de les sceller de son sceau. Sous son
autorité, le pays tout entier tomba dans l’idolâtrie ; les faux prophètes
de Baal furent protégés et les prophètes de l’Eternel persécutés.
Ce triste état de la nation d’Israël sous la domination de Jésabel se répète
dans la période de l’histoire de l’Eglise représentée par Thyatire. Par
suite de l’alliance infidèle de l’Eglise avec le monde dans la période de
Pergame, il s’élève un faux système ecclésiastique qui cherche à dominer
la chrétienté ; qui se dit prophète et déclare parler avec une autorité
divine et communiquer la pensée de Dieu ; qui s’érige en "docteur"
et "conducteur" du peuple de Dieu ; le Seigneur dit en effet :
"Tu laisses faire la femme Jésabel qui se dit prophétesse ; et elle
enseigne et égare mes esclaves". Ainsi la parole de Dieu qui donne la pensée
de Dieu, l’Esprit de Dieu qui est le vrai Docteur, et Christ qui est le Chef
et le Conducteur de son peuple, sont mis de côté et remplacés par
l’enseignement de ce système impie.
En outre, sous la figure de la fornication, nous comprenons que ce système
conduit à des alliances profanes avec le monde, et à la communion avec des
pratiques idolâtres qui ont un lien direct avec Satan.
Ainsi, dans ce court message à l’ange de l’assemblée qui est à
Thyatire, le Seigneur résume les traits marquants de cette affreuse tyrannie
ecclésiastique, qui, ayant son expression suprême dans Rome, a dominé la chrétienté
au Moyen Age et continue à le faire comme aussi les mouvements apparentés,
symbolisés par les enfants de Jésabel, jusqu’à la fin de la période de
l’Eglise.
V. 21 : Du temps lui a été donné pour se repentir, mais le Seigneur
dit : "Elle ne veut pas se repentir". A Ephèse, il avait dit
qu’à moins qu’il n’y ait repentance, il ôterait la lampe de son lieu.
Ici, il ne parle aucunement de lampe, montrant ainsi qu’il ne reconnaissait
pas Jésabel comme une lumière brillant pour lui.
V. 22, 23 : Le Seigneur prononce ensuite le jugement de ce faux système,
de ceux qui lui sont associés et de ses enfants. "Une grande
tribulation" viendra sur ce système infâme. Il s’agit sûrement du
temps, annoncé avec plus de détails dans les chapitres 17 et 18 de
l’Apocalypse, où l’empire romain ressuscité sera un instrument dans la
main de Dieu pour détruire ce système. Deux classes de personnes partageront
son jugement : d’une part, ceux qui sont trouvés dans une alliance impie
avec lui, les rois de la terre et les marchands qui, pour faire prospérer leurs
affaires ont reconnu son sceptre et ont fait alliance avec lui (18.9). D’autre
part, il y a ceux qui sont appelés "ses enfants". Il ne faut pas en déduire
que quelque enfant de Dieu soit compris dans cette expression. Ces enfants sont
ceux qui sont directement issus de ce système pernicieux, ces gens qui, comme Jésabel,
font profession de christianisme, mais sont de vrais idolâtres. Un jugement définitif
tombe sur eux. Ils sont mis à mort en séparation complète d’avec Dieu. Il
ne leur est pas permis de demeurer plus longtemps sur la terre.
C’est en vain que les hommes nimbent ce système d’une auréole de
ferveur religieuse ; on cherche à couvrir ces pratiques effrayantes
d’une atmosphère de bonté humaine et de l’éclat d’une sentimentalité
factice : toutes les églises connaîtront que le Seigneur est celui qui
sonde les reins et les coeurs. Ses yeux, comme une flamme de feu, découvriront
les principes directeurs et les motifs cachés qui déterminent la politique de
ce système effrayant. Et celui dont les pieds, semblables à de l’airain
brillant, suivent un chemin de justice absolue, rendra à chacun selon ses
oeuvres.
V. 24, 25 : Ayant condamné ce mal terrible, le Seigneur se tourne à
nouveau vers ceux dont il a déjà approuvé l’amour, la foi et la patience.
Ici, pour la première fois, nous avons un résidu distingué de la multitude
corrompue. Ils ont refusé l’idolâtrie et les alliances mondaines de ce système
de mensonge qui les entoure ; ils n’ont pas connu les profondeurs de
Satan qui sont cachées dans un système au sein duquel le Jésuitisme,
l’Inquisition, les indulgences et le confessionnal peuvent trouver un terrain
propice.
Au milieu des ténèbres profondes de ce système satanique, ce n’était
pas peu de chose pour Dieu que de trouver des croyants caractérisés par la foi,
l’amour, la patience, et des oeuvres qui ont l’approbation du Seigneur. A de
tels, le Seigneur n’impose pas d’autre charge - paroles qui laissent
entendre qu’ils avaient de lourds fardeaux à porter. Refuser la doctrine de Jésabel
attirait continuellement sur eux souffrances et persécutions. Dans de telles
circonstances, tout ce que le Seigneur demande, c’est qu’ils "tiennent
ferme" ce qu’ils ont, jusqu’à ce qu’il revienne.
Ils n’étaient guère en mesure de faire des progrès dans les vérités
profondes du christianisme, mais ce dont ils sont responsables devant le
Seigneur, c’est de tenir ferme la lumière qu’ils ont. C’était cette
mesure de lumière qui les rendait capables de refuser l’enseignement de Jésabel,
d’échapper aux profondeurs de Satan et de marcher dans la piété pratique.
Ici aussi, pour la première fois au cours de ces messages, le Seigneur présente
l’espérance de sa venue. Cette venue a toujours été l’espérance propre
de l’Eglise, mais la mention de cette bienheureuse espérance à ce moment
particulier indique que l’Eglise avait atteint un stade où il n’y avait
plus aucun rétablissement possible pour la masse de la profession chrétienne.
Quels que soient les réveils que le Seigneur peut accorder, il n’y aura désormais
pour l’Eglise dans son ensemble aucun rétablissement jusqu’à ce que le
Seigneur vienne. Il n’y a rien d’autre que le jugement pour Jésabel, et
rien d’autre que la venue du Seigneur pour le résidu pieux. A ceux-ci aucune
promesse n’est faite d’une quelconque restauration de l’Eglise dans son état
antérieur ; leur espérance est dirigée vers un Christ qui est en dehors
de cette scène et vers sa venue pour prendre son peuple auprès de lui.
V. 26-28 : La promesse au vainqueur révèle une perspective bénie pour
celui qui "tient ferme" au milieu des abominations de Jésabel.
Thyatire est la seule église où le Seigneur impose une charge supplémentaire
(*) pour la victoire. Il dit en effet : "Et celui qui vaincra, et
celui qui gardera mes oeuvres jusqu’à la fin". C’est comme si le
Seigneur ne voulait rien laisser dans l’ombre quant à ce qu’implique la
victoire sur ce système effrayant. Il semblerait qu’au milieu des épaisses ténèbres
d’un système qui ôte la Parole de Dieu aux croyants, le Seigneur n’attend
pas du vainqueur qu’il se distingue par une connaissance approfondie de sa
Parole, mais qu’au moins, marqué par la piété pratique, il garde ses
oeuvres jusqu’à la fin. De plus, en parlant de "mes ouvres", le
Seigneur nous rappelle que dans son chemin, il a toujours fait la volonté de
Dieu, comme il pouvait le dire aux juifs : "Je fais toujours les
choses qui lui plaisent" (Jean 8.29).
(*) Note du traducteur : la charge n’est pas pour l’église, mais
pour le vainqueur.
Ces vainqueurs auront autorité sur les nations. L’autorité sur le monde
par lequel ce système ecclésiastique a cherché sa propre gloire durant
l’absence de Christ, le vainqueur persécuté et pieux l’aura à la venue de
Christ. Et non seulement, le vainqueur aura cette autorité, mais il
l’exercera ; il paîtra les nations avec une verge de fer au jour où
Christ s’occupera de ses ennemis en les détruisant entièrement, comme sont
brisés les vases de poterie.
Bien plus, "l’étoile du matin" leur sera donnée. Non seulement
ils partageront le règne glorieux de Christ, mais ils jouiront de la
connaissance présente de Christ avant qu’il vienne. L’étoile du matin se lèvera
dans leurs coeurs. Christ, le soleil de justice, se lèvera sur ce monde et la
guérison sera dans ses ailes, mais l’étoile du matin brille avant le lever
du soleil. Le vainqueur connaîtra Christ et jouira de lui comme l’Etoile du
matin, avant qu’il brille devant le monde comme le Soleil de justice.
Hamilton Smith (1863-1943)
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